Le Trésor de la Casbah d’Alger
Chronologie des évènements, au travers de la presse en France.
- Le 6 Juillet 1830.
Les vaisseaux La Perle, Le Cyclope, la Dore, et le Volcan, quittent Alger,
ils arriveront à Toulon le 13 juillet, sans nouvelles dépêches, mais avec les 86 survivants des bricks l'Aventure et le Silène.
Ce même jour,
Charles X donnait le bâton de Maréchal, au le comte de Bourmont,l'amiral Duperré est élevé à la dignité de pair du royaume.
La presse sauta sur cette différence, pour taper sur le gouvernement.
Mais la fièvre en France n'est pas due à la prise d'Alger, mais aux élections !!!!
- Le 8 Juillet 1830.
M. de Bourmont nommait M. Aubignosc, chef de la police, il créait une commission qui sera dirigé par M. l'intendant Dennié,
avec le général Tholozé comme commandant de la place, et, M. Firino chargé des finances.
Il informe le gouvernement de la situation :
« Une partie de l'artillerie qui n'avait pas été débarquée, retournera en France.
L'armé a trouvé à Alger, une immense quantité de poudre, et de projectiles,
ainsi que 2.000 bouches à feu presque toutes en bronze, la valeur de ces objets, ainsi que celle du trésor, dont M. Dennié fait
l'inventaire, paraissent devoir suffire pour payer une grande partie des frais de guerre.
Le bilan de la prise d’Alger est de 400 morts, 1900 blessés, ainsi que 250 atteint par la dysenterie. »
Le Maréchal Bourmont annoncera la mort de son fils.
Journal L'Indépendant du 8 Août 1830.

- Le 10 Juillet 1830.
Le maréchal de Bourmont écrit au gouvernement.
« Finalement, le Dey ira à Naples, il a embarqué avec 110 personnes de son entourage.
Les 1.300 soldats Turcs se sont embarqués aujourd'hui, nous leurs avons remis cinq piastres d'Espagne, qui correspond
à environ deux mois de solde, une partie des soldats turcs mariés a également quitté Alger, malgré notre proposition d'y restés. »
- Le 12 Juillet 1830.
L'amiral Duperré confirme l'envoi de 15 millions,
dont deux du trésor français, qui étaient sur un des navires de l'expédition, il précise :
« La situation approximative des magasins, parce que leurs états de désordre ne permet pas d'en faire d'avantage, a été établie. »
- Le 13 Juillet 1830.
Depuis la prise d'Alger, pas un seul coup de fusil n'a été tiré.
Les berbères commercent avec nos troupes, pour l'achat de nourritures.
- Le 15 Juillet 1830.
Le vaisseau, le Marengo, quitte Alger, avec 15 millions à bord, dont 2 proviennent du trésor français.
Les 13 millions de la Régence, se composent de lingots d'or et d'argents, ainsi que de la monnaie en or.
La plus part des vaisseaux de l'expédition d'Alger regagnent leurs ports en France, restent quelques navires pour patrouiller
le long de côtes, car ils ne peuvent pas rentrer dans la darse, qui n'a pas assez de fond.
Un journal annonce la libération dans le bagne d'Alger, d'un Toulonnais M. Béraud, il a passé 29 ans dans le bagne d'Alger.
- Le 21 Juillet 1830.
Ce mercredi, 21 juillet 1830, le journal, Le Constitutionnel, numéro 192, publiait dans sa Une,
la lettre du Commandant en chef, M. de Bourmont, au président du conseil des Ministres, qui commençait ainsi :
A la Casauba, 8 juillet 1830.
Prince,
La prise d'Alger parait devoir annoncer la soumission de toutes les parties de la Régence ......
A la suite de cette lettre, le journal écrivait :
Note du Constitutionnel :
« N'a-t-on pas lieu d'être surpris,
que le gouvernement n'est pas reçu, ou plutôt, qu'il n'ait pas encore publié l'inventaire des trésors trouvés à Alger.....
Le Moniteur dit :
la valeur de ces objets (canons, poudres, etc.) et surtout celle du trésor, paraissent devoir suffire pour payer
une grande partie des frais de guerre.
Le journal, l'Universel prétend au contraire, que l'on a trouvé dans le palais du Dey, des sommes considérables,
et plus que suffisantes pour nous indemniser des frais de guerre. »
- Le 23 Juillet 1830.
Les journaux d'oppositions, attaque le gouvernement sur les dépenses de l'expédition d'Alger, ils demandent les têtes
des ministres responsable de cette expédition.
La question qui monte dans la chambre est la suivante :
L'objet et les dépenses de cette expédition ont-ils été soustraits aux contrôles des Chambres.
Il semblerait que des crédits alloués pour l'expédition de Morée, ont été utilisés pour l'expédition d'Alger.
- Le 25 Juillet 1830.
En France, les élections sont terminées, et le gouvernement est battu.
Une souscription pour l'armée d'Alger est ouverte à Paris,
sous la direction de M. le marquis de Montessuy, elle nomme le comte d'Aure chargé de commission.
Une lettre d'Alger citée par le journal, le Précurseur de Lyon, porte à 97 millions l'inventaire du trésor du Dey.
Une autre lettre rapportée par le Sémaphore dit que la valeur s'élève à 90 millions de francs en espèces monnayées,
et, à 10 millions en matière d'or et d'argent.
- Le 26 Juillet 1830.
le Sémaphore publiait :
« Le trésor que l'on a trouvé à Alger, d'abord évalué à 50 millions, s'élève dit-on, au moins à 120 à 130 millions. »
- Le 27 et 28 Juillet 1830.
Journal Le Constitutionnel du 21 Juillet 1830.

- Le 1 Août 1830.
Ce dimanche, 1 Août 1830, le journal, Le Sylphe, publiait dans ses colonnes :
« La commission municipale,
nous apprend que les diamants de la couronne, propriété de la nation, ont disparu du garde-meuble.
La famille royale les a-t-elle volés.
Charles X n'est-il pas coupable de ce nouveau crime ! »
- Le 6 Août 1830.
Le Nestor, parti d'Alger le 30 juillet, arrive à Toulon, avec 10.240.000 en piastres espagnoles, il y a des dépêches.
- Le 15 Août 1830.
- Dans un journal, rubrique « étranger », on trouve cet article :
Journal Le Courrier, Grande-Bretagne, Londres, le 12 Août 1830.
« L'objet avoué de l'invasion d'Alger était la réparation d'une insulte, et la destruction d'un fléau public.
Ce but a été atteint, et on dit même, que les trésors trouvés en Afrique, font plus que compenser les frais d'Expédition. »
- Dans une lettre, en date du 4 Août.
Vaisseau l'Alger, dans la baie d'Alger, Vice-amiral Duperré.
« Dans la Régence, après l'occupation de Bône, la marine française occupe le fort de Mers-el-kébir, qui a été pris
sans le moindre coup de feu, le fort était armé de 42 canons, puis, se fut le tour d'Oran.
Des troupes s'embarquent sur les vaisseaux, La Sirène, l'Amphitrite et l'Iphigénie,
sous le commandement du capitaine de vaisseau Massieu, pour regagner la France.»
- Le 16 Août 1830.
- Charles X quitte la France.
- Le 17 Août 1830.
- Le ministre de la guerre, dans une note aux journaux indique :
« Quelques journaux sous la foi sans doute de lettre particulière, de correspondants mal informés,
ont écrit qu'un soulèvement s'était produit à Alger, les détails donnés pourraient alarmer les familles de soldats.
Nous confirmons que le calme règne à Alger. »
- Ce même jour, le drapeau tricolore flotte sur la casbah d'Alger.
- Le 19 Août 1830.
- Les délations commencèrent dans le journal Marseillais, Le Sémaphore, elles concernaient le Maréchal de Bourmont.
Article du Sémaphore :
« On nous assure, qu'on a débarqué hier dans notre port, deux caisse contenant ensemble quatre millions,
sur lesquelles on lisait : linge sale du général Bourmont.
Ce linge sale a été porté chez M. Bricogne, receveur-général des finances. »
Cet article sera publié dans beaucoup de journaux.
- Le Jeudi 26 Août 1830, une lettre arrivait dans les bureaux des principaux journaux de la Capitale, elle a été insérée dans
les colonnes du journal des débats politiques :
« Un rédacteur nous a écrit pour dénoncer
l'article du journal Marseillais, Le Sémaphore, qui publia le 19 Aout l'article suivant, puis suit l'article du Sémaphore ci-dessus :
- Le rédacteur :
« Marseille le 20 Aout 1830,
Messieurs, vous lirez dans le Sémaphore du 19 Août l’article suivant :
On nous assure qu'on a débarqué ......
Je me suis empressé d'écrire au rédacteur du Sémaphore, pour lui prier de démentir cette fable grossière.
Je déclare n'avoir reçu ni un centime, ni un million, ni quatre millions ni un sequin, ni une chemise sale,
en un mot n'avoir rien reçu provenant d'Alger, de qui que ce soit.
J'invoque le témoignage de tous,
et, chacun des nombreux employés de la douane de la santé, du port, et de la recette générale.
Je vous prie Messieurs, d'insérer dans votre journal à son arrivée,
afin que ma dénégation soit connue à Paris, en même temps que l'assertion du Sémaphore.
J'attends de l'impartialité des autres journalistes parisiens, qui copieraient l'assertion du Sémaphore,
qu'ils voudront bien insérer le lendemain de cette dénégation, que je ne pourrais leur envoyer que douze jours après.
Je vous prie d'agréer...
Signée : M. Bricogne ainé, Receveur général des finances à Marseille.
Journal Le Compilateur du 11 Août 1830.

- Le 29 Août 1830.
- Le vaisseau Algesiras, quitte Toulon pour Alger, avec à son bord, le Général Clauzel, qui remplacera le Maréchal de Bourmont.
- Les délations s'arrêtèrent immédiatement, après la nomination du Général de Clauzel.
Plus rien dans les journaux, mise à part le discourt du 2 Septembre, du général Clauzel,
et un petit entrefilet pour signaler le départ du Maréchal de Bourmont.
- Il faudra attendre le 13 octobre 1830 pour retrouver un article sur l'Expédition d'Alger.
On écrit de Toulon, 8 Octobre 1830.
« Le gouvernement vient de donner des ordres au port de Toulon, pour tenir prêts à partir du premier signal,
tous les bâtiments de guerre laissés en commissions, à l'effet de se transporter à Alger, pour prendre et ramener
en France, un complet de 15.000 hommes des troupes d'occupation. »
- Le gouvernement avait nommé, dès la fin d’Août,
M. Galle, membre de l'institut, pour graver l'effigie du roi, sur les pièces de monnaies, il travailla pendant deux mois.
- Le 5 Novembre 1830,
le président de la commission des monnaies, informe l’Assemblée, que avant la fin du mois de Décembre 1830,
les 30 millions d'or, et les 10 millions d'argent, provenant du trésor d'Alger seront fondue à l'effigie de Philippe Premier.
- Puis, plus rien sur le trésor de la Casbah, pendant plusieurs mois, plus tard, arriveront les divagations du sieur Flandin.
- Voilà, l'histoire était amorcée, elle ne finira jamais,
car, si j'en croire M. Pierre Péan, et les autres, qui écrivent, qu'après avoir enquêter minutieusement, ils ont trouvé toutes les preuves,
qui accusent, le Maréchal, l'armée, l'intendant, M. Sellière et les autres,
le Trésor de la Casbah continuera à proliférer
pendant encore de nombreuses années. .
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