Relations entre la France et la Régence d’Alger
1665 - 1675.
- L'Expédition de Gigery, fut un échec pour Louis XIV,
mais loin de se laissait abattre, le Roi ordonna au Duc de Beaufort, de reprendre la mer.
- Le 21 Novembre 1664, au Duc de Beaufort.
« Mon Cousin,
Vous vous remettiez à la mer,
pour aller rabattre l'orgueil des Barbaresques, que pour cet effet, on équipe les vaisseaux dont la liste est ci-jointe.
Le vaisseau que vous choisirez, soit de La Royale, ou du Saint Louis, sera monté par vous, et l’autre par le Chevalier du Quesne.
Monsieur de Martel montera Le Dauphin et il partira avec la première escadre. »
Liste des vaisseaux.
- première escadre.
- Le Dauphin Monsieur Damien de Martel,
- La Perle Monsieur de Querjean,
- La Notre-Dame Monsieur de La Giraudière,
- La Françoise Monsieur de Châteauneuf.
- Seconde escadre.
- Le Saint Louis ou La Royale - Duc de Beaufort et Chevalier du Quesne
- Le Mercœur Monsieur de Turel,
- L'Ecureuil Monsieur de Preuilly-Humieres,
- l'Etoile de Diane Monsieur Mathurin Gabaret
- Le 28 Novembre 1664, le roi informe le Duc, qu'il garde près de lui le Chevalier du Quesne,
il demande de le remplacer par le Capitaine Gabaret et de mettre à sa place le Capitaine des Lauriers.
- L'escadre quittera Toulon, le 17 février 1665.
Statue équestre de Louis XIV par le sculteur Bosio.

- En Mars 1665, l'escadre du Duc de Beaufort, met en déroute les barbaresques,
lors d'un combat au large de Tunis, Il força la flotte des Reïs à se réfugier sous le canon du fort de La Goulette.
Dans cet affrontement les barbaresques perdirent trois de leurs plus beaux navires :
- Le navire amiral, monté de cinquante canons et de six cents hommes de meilleures troupes du secteur.
- Le navire vice-Amiral portait trente- quatre canons et quatre cents hommes.
- Le troisième vaisseau portait vingt-six canons.
- Cette victoire compensa la perte des canons de Gigery, mais, dans cette bataille,
l'escadre perdra
le Capitaine des Lauriers et un des fils du Capitaine Gabaret sera tué.
- En Mai 1665, Le comte de Vivonne, avec ses galères, reçut l'ordre du Roi,
de rejoindre le Duc, mais les vents contraires empêcheront Vivonne de rejoindre l'escadre du Duc, qui bombardera Alger.
- Le 24 Août 1665, devant Cherchell, une escadre composée de neuf vaisseaux,
commandée par le Duc de Beaufort et le chevalier Paul, remportera une victoire, coulant deux autres gros vaisseaux, dont
le navire Amiral, en capturant trois autres, et surtout en récupérant une partie de l'artillerie abandonnée à Gigery.
- L'escadre du Duc de Beaufort était composée :
- Le Saint-Philippe, commandé par Mathurin Gabaret
- Le Dauphin, commandé par Damien de Martel
- La Royale, commandé par le chevalier Paul
- La Reine, commandé par Hector des Ardens
- La Perle, commandé par Kerjean
- Le Jules, commandé par le capitaine de vaisseau Bouillon
- L' Hercule, commandé par le capitaine de vaisseau Verdille
- La Notre Dame, commandé par de la Giraudrière
- Le Saint Antoine de Padoue, commandé par de Cou.
- Monsieur de Riencourt, dans Histoire de Louis VIX, Paris 1693, décrit la bataille navale de Cherchell du 24 Août 1665.
« Nous gagnâmes sur mer une victoire au mois d'Août,
contre les corsaires d'Afrique sous la forteresses de Sersilles (Cherchell), près d'Alger, aussi considérable que celle,
que nous avions remportée au commencement de cette année contre les Barbaresques de Tunis et toutes les deux,
sous la conduite du Duc de Beaufort.
Il ramènera, 113 pièces de canons et des pavillons amiraux qui furent portés à Notre-Dame.
Dans ce dernier combat,
le commandeur Paul se signala en cette occasion et plusieurs autres Officiers y donneront des marques de courage. »

- En Septembre 1665,
Le chevalier d'Hocquincourt et Le maréchal de Tourville sur des vaisseaux vénitiens,
fournis par le Doge de Venise, portèrent secours à trois navires marchands vénitiens attaqués par les barbaresques.
- Le vaisseau du chevalier de Tourville essuya une bordée du barbaresques,
il attendit d'être bien près de lui pour lui répondre, la bordée de Trouville abattit le grand mat du vaisseau Corsaire.
L'abordage suivit et le combat fut rude, finalement le chef des barbaresques,
un renégat Français, se rendit avec le peu de troupe vivante qui lui restait.
- Le chevalier d'Hocquincourt avec la puissance de ses canons avait coulé l'autre navire barbaresque.
- Les Français accompagnèrent les navires marchands vers Venise,
ils transfèrent les prisonniers sur les navires marchands, puis repartir à la recherche des barbaresques,
pendant deux mois, ils naviguèrent dans les tempêtes sans jamais les rencontrer.
- Le 28 Novembre 1665, les deux navires des chevaliers, tombèrent sur vingt galères turques,
la puissance des canons des deux vaisseaux, eu raison du courage des turcs avec des navires moins faciles à manœuvrer.
Les galères Turcs se retirèrent en désordres, avec force de rames.
- Les navires des chevaliers ayant souffert des combats et des tempêtés,
choisirent de rentrer au port à Zante, pour radouber leurs vaisseaux, ils regagnèrent Venise que le 12 décembre 1665.
- Ces victoires,
et, l'arrivée au pouvoir de Ali Agha, permirent la signature d'un traité avec la Régence d'Alger, le 17 Mars 1666.
- Ce traité stipulait la libre circulation des navires,
la libération de 1.127 esclaves, et le rétablissement du commerce du Bastion de France.
- Ali Agha, fut le premier à porter le titre de « Hakem », parce qu'il détenait le pouvoir sans aucun partage,
Il siègera au palais des Deys, la Jénina.
- Ce traité permit à la France de passer seize ans, dans un calme relatif, en méditerranée.
La Régence d'Alger.

- Le 5 Mars 1668,
le roi charge le duc de Beaufort, de conduire dans le Levant, le corps des troupes françaises commandée par le duc de Noailles,
pour secourir les Vénitiens et les îles de Candie, contre les Turcs. Le Duc perdra la vie dans cet affrontement.
- En Novembre 1669,
Louis XIV confie au marquis de Martel, une escadre composée de dix bâtiments, pour aller punir les Barbaresques de Tunis,
à bord de La Thérèse, le marquis de Martel quitte Toulon au début janvier 1670.
- Le 29 Janvier 1670, l'escadre du Marquis est devant Alger,
Ali Agha, dépêche un des 24 membres du Divan, pour accueillir l'envoyé de Louis XIV.
- La chasse au corsaires Tunisiens dure pendant un mois, et l'escadre se présente devant le fort de La Goulette pour l'attaquer.
- En Février 1670, Le marquis de Martel oblige Tunis à faire la paix.
Le traité exige qu'ils rendent tous les vaisseaux pris aux Français,
ainsi que les trois cents esclaves qu'ils avaient faits, dont cinquante-trois chevaliers de Malte.
Le Roi Louis XIV apprend la nouvelle, le 2 mars 1670,
de la bouche du vicomte de Cicé, beau-frère du marquis de Martel, qui apporta au roi les articles de ce nouveau traité de paix.
- Le 10 septembre 1670, le comte de Vivonne donnait la chasse à six galères Turcs et s'en emparait.
- En Septembre 1671,
- Les Janissaires et les Reïs provoquent une révolte à Alger.
Ali Agha est en sursis, il sera mis à mort, le 18 Octobre 1671.
- Les Janissaires nomment en trois jours, cinq ou six Aghas qui déclinèrent tous ce périlleux honneur.
Finalement, on fit appel à un vieux reïs, El Hadj Mohammed Et-Triki, qui devient le premier Dey.
Le choix de ce reïs, un vieillard sans prestige, prouve qu'il ne s'agit pas d'une prise de pouvoir.
On lui associa un adjoint, Hassan Chaouch.
- Le Dey est nommé à vie.

- Le 16 décembre 1672, le consul Dubourdieu,
informait les échevins de Marseille de la mauvaise foi du nouveau Dey, concernant les captifs pris sur des navires français.
Il écrit :
« Désormais les corsaires prendront en esclavages tous les étrangers qui trouveront sur les navires français.»
- La mauvaise volonté que manifestait le nouveau Dey à l'égard de la France se traduisait par cette nouvelle prétention, et,
il fut pratiquement impossible d'obtenir de la Régence de respecter le pavillon français.
- En Août 1673, le commandant d'Almèras parut devant Alger,
pour réclamer la libération des esclaves pris sur des navires français,
le Divan réclama à son tour la libération des Turcs,
détenus à Marseille et Toulon.
- Les négociations se prolongèrent,
quand arriva un incident qui prit des proportions gigantesques et aviva la colère des Barbaresques.
- Le 14 Septembre 1673,
une vingtaine d'esclaves s'échappèrent, et montèrent à bords d'un des vaisseaux de M. Almèras.
- Le Dey réclama la restitution des esclaves et demanda à M. Dubourdieu de se rendre auprès du navire amiral, et
de ne pas revenir sans les esclaves.
Le chef d'escadre jugeant que la vie de M. Dubourdieu était menacée fit lever l'ancre.
- Le divan fut étonné de ce brusque départ et craignant une déclaration de guerre,
le Dey Hadj-Mohammed, fit mander auprès de lui, le Vicaire Le Vacher, le pria de se charger de l'intérim,
en lui demandant de transmettre au roi une lettre dans laquelle, il manifestait son regret dans les agissements de
ses Reis et indiquer que quarante-six esclaves avaient profiter de la présence des navires français pour prendre la fuite,
avec le consul Dubourdieu.
- L'intérim du Père le Vacher qui avait une grande connaissance de la Régence, où il demeurait depuis plus de vingt-cinq ans,
fut très paisible et les reis obéissant au nouveau Dey, s'attaquèrent aux navires Hollandais, qui subirent de grosses pertes.

- Le 10 Septembre 1674,
Le chevalier d'Avrieux, arriva à Alger en tant que nouveau consul.
Il fut assez mal reçu par le Dey Baba-Hassan.
- Le chevalier réclamait la libération de 25 français pris par Mezzo-Morta,
mais le Dey réclamait lui aussi et à juste titre la libération des Turcs et des Maures envoyés aux galères.
Note :
Cette affaire avait était traité par le Père Le Vacher.
Il avait reçu des lettres du Roi et de Colbert, qui l'informaient que les Turcs et les Maures seraient libérés.
Mais le nouveau consul, au lieu de monter les lettres que le Vacher avaient reçu, s'emporta et fit un tel esclandre,
lors de l'assemble du Divan, du 2 Février 1675, qu'il fut obligé de laisser les affaires courantes, au Père le Vacher,
qui lui obtient rapidement la libération des français.
- Le Dey adressa à Louis XIV une lettre lui demandant le retour de Dubourdieux,
ainsi que la libération rapide des Turcs et des Maures.
- Le chevalier embarque le 30 avril 1675.
- La méditerranée fut tranquille pendant cinq ans pour les navires battant pavillon français.
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