Les Mythes du 17
Octobre 1961
 
Le Mythe du Silence d’Etat..
- Dès le 18 Octobre, en fin après-midi,
Le Ministre de l'Intérieur, M. Roger Frey, rendez-compte, devant l’Assemblée Nationale,
des évènements de la nuit du 17 Octobre 1961, comme le décrit, le Compte rendu intégral de la deuxième Séance,
du 18 Octobre 1961, Journal Officiel N° 69 du Jeudi 19 Octobre 1961.
- Le Ministre Roger Frey.
« Rappel de quelques chiffres,
qui donnent une idée de la situation, quelques jours avec cette manifestation :
- Dans la seule région parisienne,
du 29 Août au 7 octobre 1961, 102 attentats FLN ont été dénombrés, ils ont fait 63 morts.
Parmi les FMA, 52 morts et 19 blessés graves, parmi les forces de l'ordre, 11 morts et 17 blessés graves.
- Mais depuis le 7 Octobre,
et les décisions prises par le Préfet, il y eu un seul attentat et un seul blessé parmi les forces de l'ordre.
Personne ne peut nier l'efficacité des mesures prises.
Le Préfet présentant ses condoléances à la veuve d'un Office de police tué par le FLN.

Les services de renseignements,
de la préfecture de police, avaient été informés dans la nuit du 16 au 17 octobre 1961,
que le FLN diffusait un certain nombre de consignes tendant à inviter les Algériens à manifester le 17 Octobre.
Ces consignes concernaient le rassemblement des FMA,
travaillant en Seine et Oise, dans la banlieue et à Paris, et sous peine de représailles sanglantes,
leurs enjoignaient de se rendre en masse, à l'Etoile, aux Champs-Elysées et sur les grands boulevards.
Dans la matinée du 17 octobre, une première manifestation a été détectée sur les boulevards,
et a été réduite par l'arrestation de 192 manifestants qui venaient de Livry-Gargan, en Seine et Oise.
Sur l'un d'entre eux, la police a trouvé des consignes écrites concernant les manifestations,
outre celle du 17 octobre, les consignes annonçaient, la grève des commerçants Algériens pour le 18 octobre,
la violation volontaire et systématique du couvre-feu pour le 19 octobre et une manifestation
de femmes et d'enfants pour le vendredi 20 octobre.
Les effectifs disponibles sont immédiatement mises en place,
ils sont renforcés par trois escadrons de la gendarmerie mobile, et par deux compagnies républicaines de sécurité,
ces effectifs sont implantés depuis le Pont de Neuilly jusqu'à la place de la République, ainsi que un certains
nombres de ponts et de portes de Paris.
Le Secteur des Champs-Elysées,
étant l'objectif numéro un du FLN, c'est là, que la police a appréhendés
le maximum de manifestants.
les manifestants des abords des Champs-Elysées sont conduits en bus vers les centres.

C'est aux abords du Pont de Neuilly,
que l'incident le plus sérieux a eu lieu, avec échanges de coups de feu, qui ont fait deux morts et huit blessés
par balles, ainsi qu'un certains nombres de blessés dans les forces de l'ordre.
Bilan de cette manifestation.
- La masse totale des manifestants dans les différents lieux peut être évaluée à 25.000 environs.
11.500 manifestants ont été appréhendés et conduits dans les centres d'identification.
- Du côté algérien, on peut déplorer deux morts et cent trente-six blessés,
dans les forces de l’ordre, un officier de paix, deux brigadiers, dix gardiens ont été blessés,
une centaine d'autres ont été contusionnés.
Les consignes du FLN,
annonçant de nouvelles manifestations, j'ai mis en place dix compagnies républicaines, vingt-cinq escadrons
de gendarmerie mobile, en plus de forces de police.
A cette heure,
il semble que la manifestation du 18 octobre, ne revête pas l'ampleur que le FLN entendait lui donner,
les commerçants musulmans qui avaient fermé leurs magasins ce matin, les ont ouverts cette après-midi,
et, aucun incident n'est à déplorer pour l’instant. »
Non, il n'y a pas eu de silence d'Etat.
- Presque à chaque séance,
certains députés proches du FLN ou des humanistes, lançaient leurs petites phases.
Aujourd'hui, cinquante ans plus tard, c'est les mêmes mots.
Le Ministre de l'Intérieur M. Roger Frey

- Chaque jour, du 18 Octobre à la mi-novembre,
les journaux Libérations et l'Humanité, faisaient leurs Une ou leurs deuxièmes pages, avec des témoignages fracassants, sur le nombre incalculable de morts.
Chaque mort Nord-Africain, retrouvé en Métropole, était une victime de la répression policière du 17 Octobre 1961.
- Libération ouvrait ces colonnes aux communiqués de M. Yazid, porte-parole du GPRA à Tunis.
Voici un extrait paru dans Libération du 23 Octobre 1961, je cite M. Yazid :
« Le nombre de victimes,
qui nous est parvenu est de 50 morts, c'est un premier chiffre, mais le chiffre réel est beaucoup plus élevé.
Il y a des centaines de disparus dont on retrouve les corps au fond de la Seine,
dans un fossé de la région parisienne, dans un charnier, comme à Puteaux. ».
Parlant des assassinats de policiers M. Yazid ajoute :
« On a parlé de la nécessité de lutter, contre les attaques, dont sont l'objet certains policiers français, c'est un prétexte.
Le FLN n'a pas participé à des attentats contre des policiers français, mais certains seulement,
ceux qui au sein de la police agissent contre les patriotes.
On veut simplement transporter la Bataille d'Alger à Paris. »
Note :
- Malgré de minutieuses recherches,
dans tous les journaux de Libération, compris dans ces dates, je n’ai trouvé aucun démenti, à ces mensonges de M. Yazid. !!!!
le journal Libération du 19 Octobre 1961.
Le jeudi 26 Octobre 1961,
- en Conseil des Ministres, plusieurs Ministres parleront des manifestations du 17 Octobre 1961.
- Le Ministre Roger Frey,
précise qu'une enquête officielle sur les sévices dont auraient été victimes des Nord-Africains a été ouverte, et,
qu’une enquête sera ouverte pour chacun des huit cadavres repêches dans la région parisienne.
- Le général De Gaulle
est intervenu pour demander que, si la preuve des sévices pouvait être apportée, des sanctions seraient prises.
- Lors du conseil des Ministres suivant,
c'est à dire, le Mardi 31 Octobre, cette question fut de nouveau évoquée, elle concernait le nombre
de manifestants encore en détention dans les centres.
Le général de Gaulle, discours du 7 Novembre 1961.
Le vendredi 27 Octobre 1961,
- une réunion extraordinaire du conseil municipale de Paris, était entièrement consacrée aux manifestations
du 17 octobre 1961 et aux explications du préfet de police à ce sujet.
- Les conseillés suivants ont pris la parole.
- M. Frédéric Dupont (Ind.)
« La police doit être protégé moralement et physiquement, elle a subi de graves pertes, et ceux,
qui la critiquent maintenant ont toujours négligé de la défendre, lors des attentats visant des policiers ».
Il réclame l'exécution des tueurs FLN condamnés à mort par la justice.
- M. Moscovith (UNR)
Il rappelle, le nombre de musulmans et de policiers assassinés par les tueurs du FLN.
Il demande que l'on refoule vers l'Algérie, tous les tueurs du FLN.
- M. Bernard Lafay (Centre Républicain)
Il rappelle les mesures prises et ajoute :
« la première condition de survie, pour un travailleur algérien, est de cotiser au FLN. »
- M. Jean Didier (Ind.)
Il demande pourquoi le Préfet n'a pas pris des mesures préventives pour empêcher ces manifestations.
Il conclut :
« Le déchainement d'une certaine presse, contre la police de paris et la tolérance complice,
dont, elle bénéficie des instances gouvernementales sont un scandale qui dépasse toutes les bornes »
- M. Giraud (SFIO)
Il rappelle que les mesures prises par le Préfet,
correspondent à un soucis compréhensible, mais qu'elles ont abouti à un résultat contraire.
Il conclut :
« certaines vexations, dont des musulmans ont été victimes, de la part de la police, ont aggravé la situation »
- M. de Vericourt (MRP)
Il considéré, qu'il est vain de chercher, si la police pouvait éviter ces manifestations.
Le général de Gaulle, Le futur président et Le prefet de police.

- M. Bossus (Communiste)
Il affirme, que les manifestations des musulmans,
étaient organisées en signe de protestation contre la discrimination raciale.
Il demande des sanctions,
contre les chefs de la police, qui ont donné l'ordre de tirer contre les musulmans, et il conclut :
« Il est temps d'en finir,
il ne faut plus, pour notre honneur, que puisse être comparé le parcage par les nazis,
des juifs au Vél'd'Hiv et le parcage des travailleurs algériens à la porte de Versailles. »
- Claude Bourdet (PSU)
Il s'élève contre les discriminations raciales.
Il parle, des cinquante morts Algériens, dans la cour d'isolement de la cité !!!
- M. Dominique Pada (action municipale)
Il souligne que son groupe a toujours apporté son appui aux fonctionnaires de police.
Il conclut :
« On s'indigne contre les ratonnades,
mais où sont les protestations contre les attentats dont la police est victime ? »
A 19h 15,
- Le Préfet Maurice Papon,
monte à la tribune, il parlera pendant plus d'une heure et demie.
- Il a notamment précisé :
« La police ne peut retenir, les arguments de ceux, qui ne réagissent jamais,
lorsque ses agents sont assassinés et qui se libèrent maintenant de la peur, qu'ils ont connue le 17 Octobre.
La Police Parisienne a fait tout son devoir dans des conditions difficiles.
L'ordre sera maintenu en toutes circonstances. »
- Il dresse le bilan des attentats en régions parisienne :
« Le nombre d'attentats FLN pour la région parisienne était passé de 676 en 1957, à 225 en 1960.
1957 : 676, 1958 : 544, 1959 : 391, 1960 : 225.
Mais, pour les neuf premiers mois de 1961, il y a eu 291 attentats, avec en septembre et en octobre,
une brusque flambée de terrorisme, 124 attentas en un mois et sept jours . »
le journal Le Parisien du 19 Octobre 1961.

- Il précise le bilan tragique de la police sur les trois derniers mois :
« Quatre morts pour le mois d'Aout, Sept en Septembre, et treize pour les 7 premiers jours d'Octobre. »
- Le préfet s'oppose aux allégations,
du porte-parole du FLN, M. Yazid, selon lesquelles ces policiers auraient été frappés en raison de leur conduite personnelle, et il précise :
« Ils ont été tué à l'aveuglette, uniquement parce qu'il portaient l'uniforme de la police . »
- Il confirme les accusations du députe et du sénateur, concernant l'assassinat
du Brigadier Grandjouan, livré aux tueurs du FLN, par un des avocats de l'assassin du Brigadier Drolet.
- Il donne en suite, les chiffres des arrestations :
- 14.394 Nord-Africains arrêtés pendant les manifestations.
- 500 ont été refoulés vers l'Algérie ou le Maghreb.
- 2.300 sont encore retenus dans des centres d'identification.
- En ce qui concerne les cadavres repêchés dans la Seine,
il cite de nombreux exemples d'attentats du FLN, dont les corps avaient été submergés dans la seine, et que l'on avait délibérément imputé aux forces de police.
- Il cite également le cas, très rependu dans la presse de gauche,
de ce Nord-Africain, dont le décès aurait été consécutif à son arrestation,
alors, qu'il n'a jamais été amené au commissariat et qu'il a été abattu par un tueur du FLN.
- Il précise :
« Les investigations sur les huit cadavres immergés,
ont démontré, que six de ces hommes étaient visés par le FLN, car, ils refusaient de suivre leurs consignes.
Pour les deux autres cadavres inconnus, nous n'avons pour l'instant aucune piste.
Je poursuivrais l'enquête sur l'ensemble des morts imputés à la police par la presse de gauche »
- Et, il conclus :
« On distille, goutte à goutte, le venin qui désagrégé les services de police.
Les attaques, les infamies dont la police est victimes risquent d'atteindre sa volonté. »
- A l'issus de ce débat,
le Conseil Municipale, par 47 voix ( UNR, Centre, Républicain, MRP ), conte 30, ( 29 communistes et 1 PSU ),
a adopté une motion qui demande, que la répression contre les tueurs du FLN, soit accélérée et aggravée.
- Cette motion,
exprime aux 33 veuves et 53 orphelins de la Police Parisienne sa sollicitude affectueuse, et, adresse à la police,
dont le Conseil municipal veut faire cesser l'hécatombe, l'expression de sa confiance et de sa gratitude.
Arrestation des manifestants le 17 Octobre 1961.

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