Algéroisement......vôtre
Le quartier Bab-Azoun,
L’ancien faubourg Bab-Azoun,
aujourd’hui compris dans l’intérieur de la ville, commence à la place de ce nom, et s’étend à
l’Est d’Alger entre les anciennes et les nouvelles fortifications, c’est une création toute nouvelle,
qui s’est élevée en peu d’années avec une merveilleuse rapidité, source de bien des fortunes et
de bien de ruines.
Il est traversé par les deux grandes rues, celle de l’Agha et celle d’Isly,
où se trouve la statue du Maréchal Bugeaud.
Telle était la description de ce quartier en 1859, par M. Jules Duval Ancien Magistrat.
La Place Bresson en 1882.
La place Bresson
- La place Bresson,
ou, Place de la République, ou, Place Napoléon, ou, Place de l'Opéra, ou, encore Place Bab-Azoun,
était incluse dans ce quartier Bab-Azzoun.
- Elle a été crée,
sur l’emplacement qu’occupaient, les minuscules places Massinissa, des Garamantes, des Burnous,
la kouba de Sidi-Mansour et la Porte Bab-Azzoun, elle porte le nom de place Bresson,
en hommage à l’intendant civil de l’Algérie en 1836.
- Traversée par le prolongement de la rue Bab-Azzoun,
bordée d’un côté par le nouveau théâtre, de l’autre par un terre-plein orné d’une fontaine,
qu’un escalier conduisant au lavoir publique, sépare du vieux rempart.
- La place Bresson n’a rien perdu
de son ancienne animation, mais des voitures et des corricolos y stationnent aujourd’hui.
La Place Bresson en 1945.
L' Opéra Municipal.
Aussitôt après la prise d’Alger,- on songea à construire un théâtre,
le premier fut une maison mauresque, rue de l’Etat major, plus tard, sur la place du Gouvernement,
on construisit, Le théâtre de Mayeux, qui disparut avec l’incendie de la
Jénina, en 1845.
- Puis, une succession de théâtres privés,
vit le jour, avant de construire un théâtre en rapport avec la ville et sa population.
- Il fut élevé place Bresson par MM Chassériau et Ponsard,
- Chassériau Charles Frédéric,
directeur des travaux publics, il arrive à Alger en 1849.
Il sera à trois, Architecte en chef de la ville d’Alger, en 1849, 1859, 1874.
Il est surtout connu pour la construction d’une œuvre majeure, conçue avec l’architecte Ponsard,
Le Théâtre Impérial d’Alger
édifié entre 1850 et 1853 par l’entrepreneur Sarlin.
Il fut inauguré- en Septembre 1853, incendié en 1882, le théâtre fut reconstruit, tel quel l’année suivante par
l’architecte Oudot en quelques mois seulement.
- Sa façade de 30 mètres était décorée d’un portique percé de Sept ouvertures,
des colonnes, des mascarons, des statues ornent cette façade.
Une plaque rappelait que le poète Regnard fut esclave à Alger de 1678 à 1681.
- Primitivement,
il pouvait contenir 1119 places, vers 1860, il a été remanié par MM Dummay et Bullot,
il contient maintenant 1534 places.
- En 1862,
la décoration était d’un gris clair et or avec des draperies rouges, mais l’éclairage au gaz semblait
insuffisant, le théâtre était subventionné, on y jouait de l’Opéra, du drame, et de la comédie.
La représentation- la plus originale restée dans les annales de l'Opéra
est la séance de prestigiditation donnée le :
- 27 Septembre 1858 par Robert Houdin.
- Le gouverneur général Randon
l'avait fait venir pour combattre l'influence des sorciers indigénes sur la population musulmane.
L'escamotage d'un spectateur,
qui fut retrouvé ensuite à la sortie démontra la supériorité de l'Occident en la matiere.
En 1862,- le prix des places était le suivant :
- Loge de balcon ( 4 places), 13f 20, Baignoire de Pourtour (4 places), 11f
- Loge de première et de seconde (4 places), 8f 80 et 6f 60
- Fauteuil d’orchestre 3f 20, de balcon 2f 75
- Stalle et place de parquet, 2f 20 Amphithéâtre, Parterre 1f 10
Troisième 0f 55
Il fallait débourser 50 centimes pour réserver ses places.
Après la guerre de 39/45,- succinctement, le théâtre se pressentait de la manière suivante :
- Les places de l’orchestre, formant un demi cercle tout autour, le premier balcon,
avec au-dessus, les loges pour le Gouverneur, le Maire, le Préfet, etc...
- Puis le deuxième balcon, avec sa double rangée de loges, également au dessus.
- Bien plus haut,
le troisième balcon, enfin le quatrième balcon, avec encore quelques places derrière.
Vue de l’Opéra Impérial par-dessus les arbres du square Bresson.
L'Opéra d'Alger- accueillit les plus célèbres chanteurs lyriques du monde entier, on y donnait les classiques,
Faust de Gounod, Carmen de Bizet, ainsi que les tournées théatrales Barel, Herbert, et Karsenty.
- Entre les deux guerres,
L' Opéra fut refait et modernisé, la facade fut conservée, mais l'intérieur entierement modifié.
- Pour la jeunesse la plus aisée d'Alger,
la vie culturelle prenait un tour plus classique et plus provincial comme le souligne ce témoignage :
Carmen en reperésentation à l'Opéra d'Alger.

Dans les années cinquante,
Nous allions une fois par mois à l'Opéra d'Alger,
le dimanche aprés midi pour écouter une opérette.
C'était un spectacle agréable, vivant, souvent amusant,
les costumes nous captivaient.
Cinquante ans plus tard, nous sommes encore capable de fredonner :
Les cloches de corneville
- Ding ding ding dong !
sonne sonne sonne joyeux carillon ! .....
L' Opéra Municipal en 1960.
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