Relations entre la France et la Régence d’Alger
1664 - Expédition de Gigeri.
- En 2013,
l'expédition de Gigeri, ordonnée par Louis XIV, est brusquement remontée du fond de la baie de Toulon, au sud-ouest de
la pointe de Carqueiranne, aussitôt les journalistes, sans doute les mêmes qui crient au massacre du 17 Octobre 1961,
ont fait leur une, avec quelques titres très flatteurs, pour notre Armée, pour la France et pour Louis XIV.
- Le Monde :
Symbole de l'échec d'une des premières initiatives guerrières de Louis XIV,
La Lune avait sombré dans l'oubli, et avec elle le millier de personnes qu'elle transportait.
- Var-Matin
Après une guerre de six mois,
contre les Kabyles et les Turcs, le Roi Soleil doit se rendre à l'évidence d'une cuisante défaite.
- Le Point
Voulant marquer son début de règne par un coup d'éclat militaire, le jeune roi décide d'éliminer les pirates ....
Avec Colbert, la décision est finalement prise de faire débarquer un corps expéditionnaire à Djidjelli,
à mi-chemin entre Alger et Tunis, Mais la conquête tourne rapidement au fiasco par incompétence des chefs.
- Sud-Ouest
Les marins vaincus rapportaient en effet de bien mauvaises nouvelles pour la gloire du royaume,
puisque l’expédition fut un fiasco, c’est la raison pour laquelle, sous prétexte de quarantaine, le vaisseau,
vieux de vingt-deux ans et qui prenait l’eau de toutes parts, fut renvoyé au large, où il coula.
Le Roi-Soleil ne voulait rien savoir de « La Lune ».
- Nouvel-Observateur
Roi guerrier par excellence, Louis XIV a connu pas mal de revers,
un des plus humiliants fut celui contre l'Algérie, le jeune monarque rêve d'un coup d'éclat militaire,
débarrasser la Méditerranée des Barbaresques et s'implanter en Afrique, quelle belle perspective.
L'opération, montée avec de vieux rafiots et des chefs incompétents, va tourner au désastre.
La Baie de Toulon.

- Je ne parlerai pas, des nombreux sites Algériens,
qui décrivent une bataille dans laquelle les Français auraient été mis en déroute par une armée Djidjellienne !!!!!
- Il semblerait, que comme pour le 17 Octobre 1961, on a légèrement falsifié la vérité, certes, en final,
c'est une retraite des forces françaises, mais, très peu de personnes ont recherché, les causes exactes de cette retraite.
- Les Kabyles ou les Maures, ont laissé croire aux français, pendant deux mois, qu'ils signeraient un accord, permettant la création d'un port à Gigéri, gouverné par les français, en échange de la protection française contre les Turcs.
- Le responsable des fortifications, M. de Clairelleville, était persuadé que jamais les Kabyles ou les Maures seraient en procession de canons de 42 livres ou même de 36 livres.
- Le corps expéditionnaire était compose d'environ 4.000 hommes, face à des milliers de Kabyles ou de Maures,
en octobre 1664, le nombre de malade victimes du climat et des conditions provisoires, dépassé les 1.200 hommes.
- Enfin, la seule erreur de Louis XIV dans cette expédition, a été d'ordonné au Duc de Beaufort de quitter Gigeri,
avec tous les navires de l’escadre, pour aller devant Alger, mettre au pas les Barbaresques, laissant ainsi les troupes
sans protection navale, et sans l'appui des canons de l'escadre.

- Dans son livre de 1741, Histoire de la vie et du règne de Louis XIV, Tome Troisième,
Monsieur de la Hode, décrit en quelques lignes cette expédition :
On débarque à Gigeri et on s'en empara le vingt-deux juillet, on travailla aux fortifications.
Après le départ du Duc de Beaufort pour Alger avec la flotte,
les Turcs s'installèrent sur les hauteurs et incommodèrent les français qui manquaient de tout.
On jugea que l'entreprise ne pouvait se soutenir et la retraite fut résolue.
On se servit des vaisseaux restants dans la rade pour embarquer les troupes, quatre-vingt hommes furent fait prisonniers
sur la plage, les tentes, les bagages, trente-six pièces de canon et quelques mortiers tombèrent aux mains des Turcs.
Pour combles de disgrâce, La Lune, vaisseau de guerre se fendit à la vue des côtes françaises.
Il portait les dix premières compagnies du Régiment de Picardie avec M. la Guillotière, Marechal de Camp, tous périrent noyés.
- Il précise que M. de Quincy parle dans son livre d'une bataille située au début du mois d'Octobre.
- Dans son livre, Histoire Militaire de Louis Le Grand, édité en 1726,
le Marquis de Quincy, résume cette expédition en moins de six lignes :
Ils mirent pied à terre à Gigeri, qu'ils prirent et fortifièrent.
Ils gagnèrent un combat contre les Turcs, début Octobre, dans lequel le Marquis de Chastre fut tué.
Mais, ils furent obligés d'abandonner cette conquête fin du mois d'Octobre.
- Voici le récit de cette expédition, un peu plus détaillée, composé,
d'après les nombreux livres d’auteurs des XVII° et XVIII° siècles, avec une mention spéciale pour les livres de :
- M. Pellisson, Histoire de Louis XIV.
- Celui, sans titre, qui regroupe les déclarations manuscrites,
envoyées à Louis XIV par M. Louis de Castellan, présent lors de la retraite.
- Les œuvres de louis XIV, Tome V, lettres particulières, éditées à Paris, en 1806, par Treuttel et Würtz libraires.
Le Vaisseau Couronne 1664.

- C'est le Cardinal Mazarin, qui proposa au Roi d'envoyé une expédition en Barbarie, pour y créer un port, qui permettrait
de mettre un terme aux attaques des pirates Barbaresque. Il proposa même que le Roi, en personne commanda l'expédition.
- C'est bien le Chevalier de Clerville, Surintendant des fortifications, qui examina les côtes de Barbarie.
- On examina, avant et après la mort du Cardinal Mazarin,
les diverses options sur divers lieux, comme Store, Bône, le Bastion de France, La Calle, on pensa même à Tabarque, dans le royaume de Tunis.
- En 1662, C'était Bône, autrefois Hippone, qui fut choisi, mais différée en raison des affaires avec le Duc de Lorraine.
- En 1663, c'est Gigeri qui était nominé, mais repousser, car la France était en froid avec le Pape.
Ce site présentait de rares avantages, dans la disposition du littoral, pour établir deux ports sans beaucoup de frais.
- En 1664, on prépara l'expédition,
douze bons vaisseaux de guerre, quantité d'autres armés en flutes, douze galères, quatre mille hommes des meilleurs troupes du royaume, et les galères de Malte avec ses 1.200 hommes.
- Le conseil de guerre de cette expédition était composé de :
- François de Bourdon - Vendôme, duc de Beaufort, commandant suprême de l'expédition.
- Lieutenant-général Charles-Félix de Galéan, Comte de Gadagne, son second,
chef de l'armée de débarquement, qui était assisté de deux maréchaux de camp, M. de la Guillotière et le comte de Vivonne,
avec Monsieur de Bétancourt, qui commandait l'artillerie.
- Le chevalier de Clerville,
commandait le Génie, responsable des fortifications, il était assisté de Deshouliéres et Misgrini.
- Le chevalier Paul et Abraham Duquesne, commandaient la flotte.
- La flotte appareille de Toulon le 2 juillet 1664, devancée par douze galères de France,
après une halte à Majorque, au port Mahon, pour récupérer des galères de Malte, elle mouilla devant Bougie, le 21 Juillet 1664.
Le duc de Beaufort et le comte de Cadagne effectuent une reconnaissance.
Il fut un instant, question de s'emparer de la ville de Bougie, mais, le Conseil de guerre se tiendra aux ordres du Roi.
Une Galére de Malte.

- La flotte mouille devant Gigeri, le 22 au soir, la ville était abandonnée.
Note :
De nombreux auteurs parlent d'une petite ville plutôt délabrée, dont peu de maisons sont encore en bonne état.
Ils utilisent les termes Maures ou Kabyles pour désigner les habitants des montagnes voisines de Gigeri.
.
- Le 23 au matin, les galères s'avancèrent jusqu'au rivage, et avec leurs pièces d'artillerie, intimidèrent les Kabyles,
permettant ainsi aux chaloupes de transporter les hommes de troupe, jusqu'au rivage, près du Marabout.
- L'armée de débarquement comptait environ 4.000 hommes.
- Le régiment de Picardie, commandé par M. de Vivonne, prit terre le premier.
- Le général de Cadagne, à la tête du bataillon de Malte, le suivit.
- Le Duc de Beaufort, et La Guillotiere, débarquèrent à leur tour....
- La ville fut prise le jour même, sans difficulté, l'escarmouche la plus difficile fut au Marabout, avec le conte de Vivonne,
mais rapidement les Kabyles abandonnèrent leurs positions pour regagner leurs montagnes.
On installa le camp pour la nuit.
- Le lendemain, les Maures présentèrent le pavillon blanc, signe de futurs dialogues.
L'ordre fut aussitôt donné aux galères et aux troupes de ne point tirer, profitant de la surprise,
Les Maures tombèrent sur les premières lignes, et y firent un terrible ravage.
Les premiers rangs étaient sur le point de céder, quand le Duc de Beaufort et le général de Gadagne stimulant le deuxième front,
repoussèrent les Maures, cette attaque avait causé la mort de plusieurs officiers et soldats.
Méfiants les français commencèrent à construire des remparts.
Galére Amirale Ottomane.

- Après cette attaque, le Conseil de guerre était partagé en deux clans,
ceux qui pensaient qu'il fallait se contenter de fortifier la presqu’iles, pour soutenir un siège , le général de Gadagne, de Vivonne,
et les plus habiles officiers, et ceux qui pensait qu'il fallait entreprendre des travaux importants et surtout attendre les ordres du Roi,
sur le projet de citadelle, Monsieur de Claireville et ses alliés.
Le conseil de guerre statua sur l'attente, La mésentente s'installait progressivement.
- Les qualités différentes et presque contraires,
des deux principaux officiers étaient sans doute ce que l'on pouvait souhaiter de meilleur, si la bonne intelligence,
ou quelques commandements supérieurs les eut tempérés ensembles et eut su faire la liaison.
- Le Duc de Beaufort, naturellement défiant, jaloux de sa gloire et de son courage,
était incapable de recevoir un conseil, si l'on pensait qu'il lui fût nécessaire.
Même le comte de Vivonne semblait suspect aux yeux du Duc, car sa position à la cour, le rapprochée de Louis XIV.
- Le Lieutenant Général Gadagne,
manquait peut-être de cette souplesse d'esprit, si nécessaire pour gouverner, ceux à qui l'on doit obéir.
- Quelques jours plus tard, comme convenus dans l’accord avec Louis XIV,
les galères de Malte avec leurs 1.200 hommes quittèrent la baie de Gigeri.
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