Barberousse
Khayr Al-Din ou Kheïr-ed-Din
Un cri rompt le silence de la nuit,
des clameurs et des hurlements de terreur
s'élèvent à Fondi, petit village situé à vingt lieues au nord-ouest de Naples,
sur les terres de Vespasien Colonne, Duc de Trajetto et Comte de Fondi.
Le 21 juin 1534,
le redoutable corsaire barbaresque, Khayr al-Din dit Barberousse, vient de franchir, à la tête de 8.000 hommes,
quatre lieues de montagne, et fonce sur le village qu'un lac sépare de la côte.
- Ainsi, aurait pu commencer, un roman historique sur cette tentative d’enlèvement,
qui fut bien réelle, mais, dont aucun historien du dix-septième ou dix-huitième siècle, n’aurait osé avancer une date exacte,
on sait que cette tentative a eu lieu, en 1534, quelques temps avant la prise de Tunis par Barberousse.
Portrait de Barberousse.
- Les historiens précisent :
- Barberousse alla à Constantinople en 1533,
il employa toute son éloquence pour persuader Soliman le magnifique, de porter la guerre en Afrique.
- Barberousse fut nommé, quatrième Pacha et Grand Amiral,
et, en cette occasion, le Sultan lui donna un sceptre et une épée, ainsi que huit-cents-mille ducats pour les frais de guerre.
- Il quitta Constantinople,
avec une flotte de quatre-vingt galères, quarante galiotes, et, une armée de huit mille hommes.
- Il pilla les villes de Lucidio, de Citario, Prochite et Spelunca.
- Il envoya deux milles hommes pour surprendre Fondi et enlever la belle Julie de Gonzague.
- Il passa ensuite à l’Isle de Capri, passa près de Naples, où, il jeta la terreur.
-
Une partie de sa flotte alla à Terracine, qui se trouva désertée, les habitants ayant fui devant l'arrivée de Barberousse.
- Après avoir ravagé les côtes italiennes,
Barberousse fit promptement voile vers Alger, dans le dessein d'attaquer le Roi de Tunis, qui était le principal objet de cette expédition.
- Mais revenons à Julie de Gonzague.
- L’amiral de la flotte ottomane, veut enlever, à l'intention du harem du Sultan de Constantinople,
- Julie de Gonzague,
arrière-petite-fille de Louis III, Marquisse de Mantoue,
Duchesse de Trajetto et Comtesse de Fondi.
- Sa réputation de beauté et de fidélité à son défunt mari étaient célèbre dans toute l'Italie.
- Elle avait choisi pour devise une amarante ou fleur d’Amour, avec ces mots : Non moritura.
pour montrer que son premier attachement serait éternel.
- Le bruit de sa beauté s’étant répondu jusqu’à Constantinople.
- Le Sultan Soliman désira posséder dans son sérail une personne si accomplie.
Il donna commission à son amiral de l’enlever du château de Fondi, où elle vivait retirée.
- Elle avait épousé,
à l'âge de quatorze ans, Vespasien Colonne,
qu'elle avait préféré, tout boîteux, laid, et très agé, qu'il était, à tous ses jeunes et beaux soupirants.
Elle vivait entourée d'un cercle d'adorateurs parmi lesquels se trouvaient des guerriers,
des poètes, des artistes et des philosophes.
Le Titien et Sebastiano del Piombo étaient ses peintres et les poètes ne cessaient de célébrer,
par des sonnets et des madrigaux, ses boucles d'or, son front pur et calme, ses lèvres attirantes,
son regard mystérieux et troublant.
Julie de Gonzague
Les chevaux s'éloignent.
- Réveillée en sursaut,
la belle Julie n'a pas une minute à perdre, elle s'enfuit, à moitié nue, par une porte dérobée.
Un des hommes de sa suite qui, en toute hâte, vient de seller deux chevaux,
l'accompagne.
- Au moment où, Barberousse et ses hommes
pénètrent dans le château, ils
entendent au loin le martèlement des sabots des chevaux
lancés au galop et ils voient disparaître dans la nuit une gracieuse forme blanche.
- Pendant quatre heures consécutives,
Khayr al-Din assouvira sa colère en massacrant les habitants de Fondi, et en saccageant les églises,
où, il s'acharnera particulièrement sur les statues de la Vierge.
La petite histoire,
raconte, dans les mémoires de Brantôme et d’Amelot de la Houssaye
que la Princesse ordonna l’assassinat du gentilhomme qui l’avait aidé à se sauver,
seulement pour
le punir de l’avoir vue dans un état peu décent.
Il semblerait de cette histoire n’était qu’une fable.
La Mère de Dieu.
Détail de la mosaïque absidale, fin du IX°.
Sainte Sophie Constantinople
- Des raids de ce genre
semblent aujourd'hui inconcevables, ils étaient fréquents au XVI siècle sur les rives de la Méditerranée.
- Depuis bien longtemps, celle-ci avait cessé d'être le « mare nostrum » des Romains, et l'occupation
par les Arabes, de l'Afrique du Nord, come du Proche-Orient, y avait instauré une insécurité que
ni les Croisades, ni l'action des ordres religieux et militaires n'avaient réussi à faire disparaître.
- La conquête de Constantinople par les Turcs ottomans aggrava la situation.
Peuple guerrier, issu de tribus nomades, originaires de la mer d'Aral,
ces Turcs surent profiter, sous la conduite d'un chef énergique, de la décadence des empires perse et byzantin.
Ils submergèrent, par vagues successives, toute l'Asie Mineure et s'établirent sur
les Dardanelles
d'où, ils s'infiltreront dans les Balkans.
- Ils feront désormais peser sur la chrétienté désunie une redoutable menace.
Sainte Sophie Constantinople.
Fin du IX° Vue des galeries montrant les chapiteaux.
Les deux frères aventureux.
- Qui donc est ce Khayr al-Din ou Kheïr-ed-Din dit Barberousse,
dont la haute taille, l'énorme barbe flamboyante, qui masquait presque entièrement, un visage au regard
résolu et les épais sourcils hérissés suffisaient, dès qu'ils les apercevaient, à faire trembler
les marins chrétiens.
- Né dans l'île de Lesbos, ou Mytilène, en grec Lésvos, ou Mitilíni, île grecque de la mer Égée, près de la côte turque,
de mère grecque chrétienne, il était le second fils d'une famille de quatre garçons, son père, soldat avait abandonné,
sur ses vieux jours, le métier des armes pour celui plus paisible de potier.
- A sa mort, ses deux aînés, Arudj ou Baba Arudj et Khayr al-Din,
adolescents turbulents et ayant pour la mer un goût très vif, choisissent la voie des aventures.
- Arudj fraie le chemin à son frère.
- Il s'engagea à dix huit ans sur une galiote de corsaires turcs,
il part vers l'Asie Mineure pour y chasser les galères chrétiennes.
- S'en suivit plusieurs années de piratage, au cours desquelles, il se distingue par sa bravoure,
mais, il est fait prisonnier par un vaisseau des chevaliers de l'Ordre de Saint Jean à Rhodes et enchaîné au banc des galériens.
- A la faveur d'une tempête, il se sauve à la nage et parvient à passer en Egypte,
où il s'empresse de se faire inscrire sur le rôle d'une galère en partance pour l'Anatolie.
- Il se mit au service d'un transporteur d'Antalya, qui commercer avec l'Egypte.
- Quelques temps plus tard, le gouverneur de l'Anatolie, Prince Korkud,
reconnaît dans le jeune Arudj un marin intrépide, et, dans un premier temps, l'autorise à la piraterie, puis plus tard,
il lui fournira une petite flottille propre à la chasse, pour pratiquer des razzias sur les côtes Italiennes.
- Mais, les relations entre
le prince Korkud, et le Sultan Selim, le terrible, vont se dégrader, ce qui obligera Arudj, à naviguer sous d'autres cieux.
Avant d'une Galère Barbaresque.

Note :
La seule et unique source fiable,
pour les premières années des frères Barberousse, nous provient des Gazavât, rédigés par Seyyîd Murâd, sous la dictée
de Khayr ad-Din , après 1536, à la demande de Soliman le Magnifique.
- On peut ajouter les informations suivantes, en plus du texte ci-dessus :
- son père, était un soldat Ottoman, installé sous le règne de Mehmed II, à Mytilène.
- La date de la capture de Arudj,
se situe entre Septembre 1508, et Mars 1509, il était le prisonnier de deux chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean. - le sultan Selim I, après avoir fait tuer le Grand Vizir,
trucider tous ses neveux, prononça la mise à mort, du gouverneur Korkud, qui était son propre frère.
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